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Choi Kyu-sok

Intraitable, t. 1

Rue de l’Échiquier, 3 oct. 2019, 248 pages, 20 €

jeudi 3 octobre 2019, par Frédéric Stévenot

Présentation de l’éditeur. « Au tournant des années 1990 et 2000 en Corée du Sud, dans un environnement social durement marqué par les retombées de la crise financière en Asie, Gu Go-shin est un étrange et charismatique combattant syndical. À la tête d’une petite agence-conseil de défense des travailleurs, il mène avec cœur et maestria diverses opérations-chocs pour promouvoir leurs droits, à la manière d’un chef de commando.

C’est dans ce contexte que son chemin croise celui de Lee Sooin, jeune cadre prometteur de la grande distribution, issu des rangs de l’armée. Humain, travailleur, courageux, Lee n’a qu’un défaut : ne pas supporter l’injustice lorsqu’il en est témoin. Les détestables pratiques sociales de son nouvel employeur, puissant groupe français récemment installé en Corée, vont réveiller ses instincts de justicier. Ensemble, Lee et Gu vont s’opposer aux manipulations et au harcèlement moral auxquels sont cyniquement soumis, avec la complicité d’une partie du management coréen, les petits employés de l’enseigne.

Intraitable transpose sous forme de fiction l’histoire de l’implantation – finalement ratée – de Carrefour dans ce pays d’Asie. Remarquable de maîtrise et de brio, Choi Kyu-sok dépeint avec finesse toutes les péripéties de ce choc de deux mondes, et du même coup propose un étonnant portrait d’une société coréenne complexe, traversée de tensions multiples. De quoi nourrir aussi le dossier chargé des multinationales, jamais en mal de maltraitance sociale.

Ce premier tome inaugure une série de six volumes : les volumes 2 et 3 paraîtront en français au début de l’année 2020 ».

Qu’on ne soit pas effrayé par l’épaisseur du volume : ce premier volet d’Intraitable se lit très aisément. Ceux qui redoutent l’aspect « manga » devraient d’ailleurs y trouver leur compte : le dessin de Choi Kyu-sok est sobre et néanmoins précis. Et le scénario est bien bâti, sans temps mort.

La présentation de l’éditeur résume bien ce qu’on y trouvera : dans une Corée du Sud devenue l’une des puissances les plus importantes de l’Asie orientale, on découvre l’envers du décor. L’auteur s’est inspiré d’un contexte socio-économique dont les limites ne se restreignent pas aux frontières de ce pays. Avec nuances, on peut transposer ce tableau à d’autres régions, l’Europe ne faisant pas exception. Avec son personnage principal, Gu Go-shi, Choi Kyu-sok brandit un miroir de notre propre société, au sein de laquelle les anciennes solidarités ont été patiemment détruites.

Voir en ligne : Page consacrée à l’ouvrage sur le site de l’éditeur

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