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Théo Grosjean (sc., ill., coul.)

L’Homme le plus flippé du monde. T1, « Petites terreurs du quotidien »

Delcourt, coll. « Shampooing », 17 juin 2020, 128 p., 17,50 €

mercredi 17 juin 2020, par Frédéric Stévenot

Présentation de l’éditeur. « Agoraphobie, astrophobie, glossophobie, ochlophobie, scopophobie, thanatophopbie... Vous connaissez ? L’homme le plus flippé, lui, il sait, il a déjà tout testé.

L’homme le plus flippé du monde, alter ego de l’auteur, tente chaque jour de survivre à son odyssée dans cet univers impitoyable qu’est la vie moderne : couloirs de métro, TGV, soirée, covoiturage... Autant de situations où tous ses sens fébriles sont mis à mal. Survivra-t-il à cette aventure impitoyable, ou finirat- il prostré chez lui à s’empiffrer de séries, vaincu par le monde réel et ses dangers ? ».

L’Homme le plus flippé du monde se présente comme une biographie de Théo Grosjean. Sur la troisième de couverture, il est indiqué qu’ « il n’a connu aucune guerre et sa courte vie [il est né en 1995] n’a été le théâtre d’une drame majeur, ce qui n’est pas très pratique pour écrire une biographie ». Il est aussi précisé que Théo Grosjean a mis en scène « son existence sous les signes du malaise et de l’anxiété » pour en faire une série autobiographique qu’il a d’abord publiée sur Instagram.
Le style de l’auteur est assez original. Il repose sur une gamme de couleurs très restreinte et un dessin qui ne s’encombre guère de détails, même si certaines vignettes sont chargées à dessein. Il rappellera également celui qu’a développé Riad Sattouf, sans que le trait de Théo Grosjean soit une réplique exacte.
L’intérêt de la bande dessinée tient aux situations incongrues dans lesquelles l’auteur se trouve plongé. Qu’elles soient imaginaires ou réelles importe assez peu : c’est le ressort comique qui retient l’attention, mais aussi, finalement, l’identification que le lecteur ne manquera pas d’établir parfois avec le personnage principal : le sentiment d’être observé en permanence, l’angoisse d’être en groupe sans y avoir sa place, d’être en décalage, etc.
Cependant, on perçoit les limites du genre. Si ces chroniques autobiographiques avaient un intérêt en étant publiées au fur et à mesure, la lecture continue que propose le format éditorial d’un album tourne trop vite à un sentiment de répétition. Il y a là un problème de conception que l’on regrette, car il vient ternir les qualités de cette bande dessinée.

Voir en ligne : Page consacrée à l’ouvrage sur le site de l’éditeur

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