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Philippe PELAEZ (sc.), Victor Lorenzo PINEL (ill. et coul.)

Puisqu’il faut des hommes. Joseph

Grand Angle, 8 janvier 2020, 64 pages, 15,90 €. 978 281 896 9076

mercredi 8 janvier 2020, par Frédéric Stévenot

Présentation de l’éditeur. « Parfois, il est des secrets qu’il vaut mieux taire.

1961 - Joseph revient d’Algérie. Pour les habitants du village, il n’est qu’un planqué qui officiait dans un bureau plutôt que sur les zones de combat, un lâche qui a esquivé les durs travaux de la ferme. Personne ne lui pardonne d’avoir abandonné sa famille, alors que son frère est cloué sur une chaise roulante, victime d’un accident de tracteur pendant son absence. D’enfant du pays, Joseph revient en paria. Heureusement, l’honneur du village est sauf : le fils du cafetier, lui, s’est battu en Algérie. Mais quand il revient à son tour de la guerre et révèle aux habitants le secret de Joseph, l’invraisemblable vérité éclate au grand jour ».

Le titre de cet album joue sur l’ambiguïté d’une situation qui constitue le centre de l’intrigue. On a besoin d’hommes en Algérie, mais on a aussi besoin d’hommes en métropole. D’un côté, des soldats ; de l’autre, des gens pour assurer la croissance économique, mais aussi des fiancés, des fils, des pères… Joseph ne fait pas exception à cette tension. Il revient dans un village où sa présence seule constitue un reproche vivant, aussi bien pour ceux qui ont perdu l’un des leurs dans cette guerre « sans nom », que pour sa propre famille. Il est parti de la ferme familiale alors qu’un drame venait de se dérouler. On ne peut guère en dire davantage sous peine de dévoiler l’intrigue, ce qui serait dommage. En commençant à lire l’album, on est séduit par le trait de Victor-Lorenzo Pinel, très efficace, mais on se dit que l’histoire va être assez banal. On s’attend à une situation d’incompréhension entre un soldat qui revient d’Algérie et le monde qu’il rejoint, ce qu’on a effectivement. En réalité, les auteurs vont conduire le lecteur dans des détours beaucoup plus intéressants. On retrouve chez Joseph une part du personnage principal du roman de Roger Vercel, Capitaine Conan, mis en images par Bertrand Tavernier, l’alcoolisme en moins, et dans une situation de guerre qui n’a rien à voir avec l’Orient de la fin de la Première Guerre mondiale.

Voir en ligne : Page consacrée à l’ouvrage sur le site de l’éditeur

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